Page d'accueil / Actualités Follow OpalcSciencesPo on Twitter
Actualité


Hugo Chavez à Paris
Intégration et relations internationales
Écrit par Administrator   
Vendredi, 26 Septembre 2008 01:00
chavezSelon des sources diverses, le Président du Vénézuela rencontrerait aujourd'hui, vendredi 26 septembre 2008 après-midi, le Président Sarkozy à Paris. Le Président Chavez qui était en visite officielle en Russie pour signer des importants accords de coopération, se rendra en fin de journée au Portugal.
 
Groupe de Recherche Intedisciplinaire sur le Brésil
Société
Écrit par   
Lundi, 22 Septembre 2008 01:00

Logo_resizeL'OPALC s'associe aux activités d'un nouveau groupe de recherche: le Groupe de Recherche Intedisciplinaire sur le Brésil (GRIB). Le GRIB est un groupe universitaire visant à développer, valoriser et diffuser la recherche francophone en sciences humaines et sociales sur le Brésil. Il met en relation des doctorants, chercheurs et enseignants de plusieurs disciplines, afin de créer un échange entre universitaires de formations et d’horizons divers. Ce dialogue interdisciplinaire doit favoriser une approche plus complète des problématiques brésiliennes, et permettre de comprendre le Brésil dans sa pluralité et sa complexité.Le GRIB se veut un espace de débats, de critiques, de discussions, en vue de stimuler la recherche sur le Brésil.

Pour tout savoir sur cette nouvelle initiative, consultez le site web du GRIB (www.gribresil.org)

 
Brésil : Des anciens Présidents bien entourés!
Partis et elites politiques
Écrit par Frédéric Louault   
Jeudi, 04 Septembre 2008 01:00

LulaFHCEncore un décret décisif pour la vie politique brésilienne! Le 27 février 2008 est entré en vigueur le décret n° 6.381 qui, à défaut de bouleverser l’ordre politique du Brésil, devait soulager le Président Lula quant à son avenir post-présidentiel. L'ancien ouvrier métallurgiste bénéficiera, à la fin de son second mandat, de l’appui de 8 personnes (6 assesseurs-protecteurs et 2 chauffeurs) et de deux véhicules, mis à sa disposition par la Présidence de la République pour assurer sa « sécurité » et son « soutien ».

Lula aura bien sûr le loisir de choisir lui-même ces collaborateurs. Se sentirait-il physiquement menacé par l’opposition au point de se surprotéger ? Ou bien craindrait-il, lors de ses futures interventions post-présidentielles, les foudres des nombreux déçus du Parti des Travailleurs et du pragmatisme politique du gouvernement ?

Les esprits critiques soupçonneront plus simplement Lula de créer de nouveaux cargos de confiança (postes de confiance politique, dont la nomination est à la discrétion du Président). Et quoi de plus normal que de vouloir rester entouré de quelques proches pour cette incertaine et inquiétante après-présidence qui l’attend à partir de janvier 2010 ? (dans l’état constitutionnel actuel, il n’a pas le droit de briguer un troisième mandat).

Mais à quelques semaines du premier tour des élections municipales de 2008, quoi de plus normal également que de voir émerger autour de ce décret les contours d’une nouvelle affaire ? Quoi de plus normal que de recevoir sur les listes de diffusion des emails dénonçant ce nouveau privilège, décrété en catimini il y a de là sept mois ? Malgré sa mise sur agenda tardive, la critique semble pertinente, et le débat justifié. A un détail près. S’il s’agit bien là d’un privilège présidentiel réellement critiquable, celui-ci est loin d’être nouveau. Le décret de février 2008 ne fait en ce sens que préciser et compléter un acquis présidentiel datant de 1986.

La loi initiale sur les mesures de sécurité pour les anciens Présidents de la République a en effet été promulguée le 8 mai 1986. C’est à l’époque José Sarney (élu vice-Président en 1985) qui, du fait de la grave maladie puis du décès de Tancredo Neves, avait assumé la Présidence de la République. Selon l’article 1 de la loi 7.474 du 8 mai 1986, le Président de la République avait droit, à la fin de son mandat, à 4 personnes et 2 véhicules avec chauffeurs pour assurer sa sécurité personnelle (un droit financé sur le budget propre de la Présidence de la République) [Art 1º : “O Presidente da República, terminado o seu mandato, tem direito a utilizar os serviços de 4 (quatro) servidores, destinados a sua segurança pessoal, bem como a 2 (dois) veículos oficiais com motoristas, custeadas as despesas com dotações orçamentárias próprias da Presidência da República”].

Cette loi avait par ailleurs été révisée à deux reprises entre son entrée en vigueur en 1986 et le décret de février 2008. La première modification avait eu lieu en juin 1994, soit quelques mois avant les élections présidentielles. Etonnante coïncidence. Le Président en exercice était alors Itamar Franco. Il avait remplacé Fernando Collor, démis de ses fonctions en 1992 par une procédure d’impeachment. La loi nº 8.889, du 21 juin 1994 modifie le sens de l’article 1 de la loi 7.474 du 8 mai 1986, en stipulant que les services de ce personnel ne serviront plus seulement à assurer la sécurité de l’ancien Président, mais également à lui fournir un « appui personnel » [Art. 1º révisé: “O Presidente da República, terminado o seu mandato, tem direito a utilizar os serviços de quatro servidores, para segurança e apoio pessoal, bem como a dois veículos oficiais com motoristas, custeadas as despesas com dotações próprias da Presidência da República”]. Cette loi de 1994 précisait par ailleurs que les 6 personnes seraient librement nommées par l’ancien Président de la République, et occuperaient des postes en commission (cargos de confiança) du Grupo-Direção e Assessoramento Superiores de niveaux 4 et inférieurs sur l’échelle de postes fixée par la Présidence de la République [paragraphe unique].

La deuxième révision de cette loi avait été adoptée dans la précipitation le... 20 décembre 2002. Soit quelques jours avant que Fernando Henrique Cardoso ne quitte le Palais du Planalto! Rappelons que FHC avait été élu en 1994, puis réélu en 1998 à la suite d’une modification sur-mesure de la Constitution instituant la possibilité d’un second mandat présidentiel. L’article 10 de la loi n° 10.609 du 20 décembre 2002 modifiait légèrement (sans en changer la substance) le paragraphe unique instauré en 1994 sur le niveau de ces postes de confiance. Elle y ajoutait surtout un nouveau paragraphe (art.1/§2) amplifiant les avantages des anciens Présidents. Deux nouveaux assesseurs étaient ainsi rajoutés aux équipes de sécurité et d’appui aux anciens Présidents. Le nombre de collaborateurs passait donc de 6 (dont 2 chauffeurs) à 8. Qui plus est, ces deux nouveaux postes étaient des postes de confiance de niveau 5 (niveau supérieur aux 6 autres postes).

Avant le décret de 2008, la loi était donc déjà très "protectrice" pour les anciens Présidents encore en vie (José Sarney, Fernando Collor, Itamar Franco, Fernando Henrique Cardoso). Une partie des critiques faites à Lula pour ce décret perd donc sa substance, et risque… de se retourner contre ses instigateurs.

Signé par Lula, Tarso Genro (ministre de la Justice) et le général Jorge Armando Felix (chef du Cabinet de Sécurité Institutionnelle de la Présidence de la République), le décret de février 2008 ne change donc pas grand-chose au statut des anciens Présidents. Il apporte néanmoins quelques nouveautés et précisions, dont l’une est surprenante. Il s’agit de l'article 6, qui innove en autorisant le port d'arme institutionnel pour ces cargos de confiança (sur demande de l'ex-Président, et après la réalisation d’une formation et de tests psychologiques). Paradoxe présidentiel. Lula lui-même s’était érigé dès son premier mandat en Président du désarmement. C’est lui qui en 2003/2004 avait lancé la campagne nationale de désarmement. C’est aussi lui qui avait ouvert en 2005 un référendum populaire sur le désarmement (lors duquel l’interdiction du commerce d’armes à feu et de munitions avait été refusée par 64% de la population). Lorsqu’il redeviendra un « citoyen ordinaire » Lula saura-t-il résister à cette tentation de la protection par le feu, et persuader ses proches de déposer les armes, ou de les échanger contre une somme d’argent dans le cadre du programme de désarmement? Ou bien basculera-t-il, comme la majorité de ses concitoyens, du côté de l’individualisme sécuritaire ?

Au-delà de la question des moyens de protection des anciens Présidents (qui est à elle seule matière à débats), le décret précise trois autres points :
  1. Cette protection se limitera aux anciens Présidents « ayant exercé leur mandat de manière permanente » (ce qui n'était pas le cas jusque là). Cela sous-entend que les Présidents par interim n'y auront pas droit. On comprend pourquoi José Sarney en 1986 et Itamar Franco en 1994 n'avaient pas pensé à ce point de détail... José Alencar, actuel Vice-président qui assume la présidence de la République quand Lula est en déplacement à l'étranger, appréciera quant à lui le geste !
  2. Ce personnel recevra un entraînement pour se former (ce qui n'est pas un mal, d’autant plus s’ils sont armés)
  3. C'est l'administration de la Casa Civil qui mettra ce personnel à disposition. Notons sur ce point que si le nouveau décret apporte certaines précisions quant au niveau d’échelons de ces Cargos de Confiança, il n’en augmente pas le nombre (toujours 8 personnes au total).
Dernier point : l’article 11 du nouveau décret stipule que les candidats à la Présidence de la République recevront dorénavant la protection "d'agents de la Police Fédérale". Selon l'ancienne version c’est le Ministre de la Justice qui était seul responsable de la sécurité des candidats. Une interprétation possible de cet article nous porte à penser qu’en cas de « dérapage », ce sera dorénavant le Directeur Général de la Police Fédérale (actuellement Luiz Fernando Corrêa) qui devra en assumer la responsabilité. En plus du Président, c’est donc aussi le Ministre de la Justice qui se met à l’abri avec ce décret… Ironie de l’histoire, celui-ci est justement un des présidentiables du PT pour les prochaines élections.
Liens vers les textes précités :
 
El impacto de la liberación de Ingrid Betancourt: un análisis
Sécurité intérieure
Écrit par Alvaro Sierra (Razón Pública)   
Mercredi, 23 Juillet 2008 01:00

asierraPor Alvaro Sierra (Razón Pública). La liberación de Ingrid Betancourt y sus 14 compañeros de cautiverio es un hecho que cambia la situación política colombiana, por los profundos efectos que tiene en tres frentes: el curso de la confrontación con las FARC y el conflicto armado; la crisis político-institucional entre el Presidente y la Corte Suprema de Justicia, y el mapa de la sucesión presidencial. Además, deja no pocos interrogantes sobre las perspectivas de un acuerdo humanitario para la liberación de quienes siguen en manos de esa guerrilla.

Lire la suite...
 
Ingrid Betancourt enfin libérée
Sécurité intérieure
Écrit par Lucas Gomez   
Jeudi, 03 Juillet 2008 01:00

Bogotá - 2 juillet 2008. Après 6 ans et 4 mois de captivité Ingrid Betancourt a été libérée par l'armée colombienne. Suite à une opération militaire sans faille le gouvernement du président Uribe, vient de faire le plus grand coup médiatique international de sa politique de sécurité démocratique.

 

 
Dernière minute : libération d'otages en Colombie
Sécurité intérieure
Écrit par Patricio Scaff   
Mercredi, 02 Juillet 2008 01:00

2 juillet 2008. Selon l'AFP, la citoyenne franco-colombienne Ingrid Betancourt,  trois citoyens américains ainsi que 11 militaires colombiens ont été libérés par l'armée colombienne. L'annonce a été faite par le Ministre de la défense de la République colombienne alors que le gouvernement d'Alvaro Uribe doit affronter l'éventuelle décision de la Cour Suprême de Justice autour de la validité de la réforme constitutionnelle qui avait permis en 2006 sa réelection.  Bientôt plus d'informations.

 

  • Presse colombienne :

- www.elespectador.com.co

- www.semana.com.co

  • Agence France Presse :

- http://www.afp.com/francais/home/

 
Démission du président de l’assemblée constituante en Equateur.
Démocratie et représentation
Écrit par Marie-Esther Lacuisse   
Lundi, 23 Juin 2008 00:00
ACOSTA1

Le président de l'Assemblée Constituante en Equateur, Alberto Acosta, a remis hier soir sa démission. L'Assemblée Constituante a débuté en novembre dernier et, elle est désormais rentrée dans sa phase finale d'adoption  des articles.

A cinq semaines de la clôture de l'Assemblée Constituante, le 26 juillet, le président de l'assemblée a déclaré avoir renoncé car l'agenda prévu par le pouvoir exécutif n'offre pas assez de temps pour approuver dans un cadre démocratique les 400 articles restants. La nouvelle Constitution prévoît 500 articles dont 80% n'ont pas encore été approuvés. Alberto Acosta devrait dans l'après midi expliquer les raisons personnelles de sa démission lors de la session plénière. Il a cependant déjà annoncé qu'il continuerait à siéger en tant que représentant de Acuerdo Pais, mouvement politique du gouvernement majoritaire à l'assemblée (80% des sièges).

La démission de Alberto Acosta a surpris l'ensemble de la majorité siégeant à l'Assemblée. Cependant, depuis quelques mois, des tensions avaient surgi entre le président de l'Assemblée et le président de la République, Rafael Correa. Tout d'abord, il s'agit d'une question de temps. Rafael Correa presse l'adoption des articles afin que la nouvelle constitution soit mise en place dans un bref délai. En revanche, Alberto Acosta défend une prolongation de l'Assemblée Constituante afin que les articles soient approuvés dans le dialogue et dans le respect de la concertation défendue par les principes de démocratie participative du gouvernement et de la majorité des élus de la constituante.

Alberto Acosta s'oppose à toute pratique d'imposition. Et ce, de plus, au moment où la rédaction des articles sur la propriété privée et la décentralisation ont créé des conflits entre l'assemblée et la société civile. Alberto Acosta a d'ailleurs donné une conférence de presse samedi dernier pour clarifier la position de l'assemblée sur ces deux points notamment en spécifiant que la nouvelle constitution tentera d'éliminer la propriété privée.

Il faut tout de même souligner que le président de l'assemblée ne s'aligne pas exactement sur la politique du pouvoir exécutif sur certains points. Concernant la réforme du pouvoir exécutif et la politique de décentralisation, Alberto Acosta s'oppose à la réélection immédiate du président et il défend une politique de décentralisation tant administrative que fonctionnelle plus avancée que ne le souhaiterait Rafael Correa, à la présidence de la république.

 

Au sein du mouvement Acuerdo Pais, Alberto Acosta est le leader du courant environnementaliste. Il fut d'ailleurs ministre de l'énergie dans les premiers mois du gouvernement de Correa. Promoteur des biocarburants, ce sujet est  source de discorde avec le gouvernement.

 

 
La Colombie pourra-t-elle un jour en terminer avec les FARC?
Sécurité intérieure
Écrit par Olivier Dabène   
Lundi, 09 Juin 2008 01:00

Ecoutez le débat transmis sur RFI le 7 juin entre Daniel Pécaut (EHESS), Alain Joxe (EHESS) et Olivier Dabène (Sciences Po) en suivant ce lien.

 
Visite du président de la république d’Equateur à Paris
Société
Écrit par Marie-Esther Lacuisse   
Vendredi, 09 Mai 2008 00:00

Le président de la république d'Equateur, Rafael Correa, sera en France les 13 et 14 mai pour une visite officielle. La visite de Rafael Correa à Paris s'inscrit directement dans le contexte du conflit avec la Colombie, suite à l'incursion de l'armée colombienne sur le territoire équatorien le 1er mars dernier. L'attaque colombienne a entraîné la mort du second des Farc, Raul Reyes, et a mis un terme à la négociation pour la libération des otages, initiée plusieurs mois auparavant par le président vénézuélien Hugo Chavez avec l'appui de la France mais également de l'Equateur. Cette visite permettra également de resserrer les liens entre deux pays, dont les relations diplomatiques sont tenues. Depuis la visite officielle de François Mitterand en 1989 à Quito suivi de celle du président Borja en 1991 à Paris, les relations diplomatiques entre la France et l'Equateur s'étaient vus réduites pour des raisons politiques et économiques.

 

Pour Rafael Correa, cette visite aura pour objectif de relever l'image de l'Equateur. Le gouvernement colombien tente d'inculper le gouvernement équatorien pour ses liens avec les Farc afin de justifier son attaque du 1er mars dernier. Pour le président français, Nicolas Sarkozy, cette rencontre sera une énième alternative pour relancer la libération des otages, tout particulièrement celle d'Ingrid Bétancourt. En amont de cette visite, le ministère des Affaires étrangères, Bernard Kouchner s'était rendu en Equateur le 29 avril dernier. Bien que motivée principalement par le conflit entretenu avec la Colombie, dont la résonance du discours politique prévaut sur celui du gouvernement équatorien au niveau international, cette visite sera également pour Rafael Correa un moyen de resserrer des liens avec la France. En effet, l'Equateur a vécu plus de dix ans d'instabilité politique aggravée par une crise économique qui a conduit à la dollarisation du pays en 2000. Trois présidents ont été renversés (Bucaram, 1997 ; Jamil Mahuad, 2000, Lucio Gutiérrez, 2005) et plus de sept gouvernements se sont succédés entre 1996 et 2006. Les gouvernements de nature populiste et tournés vers la politique des Etats-Unis ont fait que l'Equateur s'est retrouvé isolé des processus d'intégration régionale en Amérique latine mais également des pays européens. Plus particulièrement de la France, pays avec lequel l'Equateur entretient un conflit économique depuis 1998 concernant l'importation de la banane sur le territoire de l'Union européenne, assujettie à des taxes douanières plus importantes que pour les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Costa Rica. Il faut noter que l'Equateur est le premier producteur de banane au monde, un des piliers de son économie commerciale avec le pétrole, la crevette et les fleurs.

 

L'instabilité politique en Equateur a affaibli l'ensemble des institutions nationales et renforcé la fragmentation politique. Avec un territoire d'une superficie des deux tiers de la France et une population de 13 millions d'habitants, l'Equateur a atteint un taux de fragmentation quasiment égal à celui du Brésil sur une partie du territoire (Fiche électorale 2006 : http://www.opalc.org/images/ELEC/Fiches2006/equateur.pdf ). Le clivage politique historique entre les partis politiques de la côte et de la sierra n'a pas facilité la gouvernabilité du pays durant ces années. Elu en novembre 2006 à la présidence de la République, Rafael Correa est le premier président équatorien qui atteint un niveau d'appréciation relativement stable entre Quito, capitale et cœur de la sierra, et Guayaquil, centre économique du pays et chef lieu de la côte. L'appui au gouvernement a été confirmé par le referendum d'avril 2007 pour la mise en place de l'Assemblée Constituante (82% d'approbation). Malgré la réticence d'une grande partie des médias à soutenir le projet du gouvernement, l'opinion publique a pris une décision qui va à l'encontre des pouvoirs traditionnels dans le pays.  Suite à la réponse du gouvernement équatorien à l'incursion colombienne du 1er mars dernier, l'approbation de la politique gouvernementale est passée de 54% de satisfaction le 29 février à 66% le 9 mars 2008 (Cedatus).

 

En quoi l'instabilité en Equateur a contribué à la perméabilité de la frontière nord et pourquoi la frontière nord est devenu un réel enjeu de stabilité et de souveraineté nationale pour l'Equateur ces dernières années. Le problème de la frontière nord en Equateur et l'absence d'une politique nationale depuis 1997 sont à mettre en parallèle. De même, la réaction de Rafael Correa face à l'incursion colombienne, doit être lue au regard de la politique conduite par son gouvernement depuis janvier 2007 afin de renverser les forces politiques traditionnelles et rétablir un agenda politique absent depuis plus d'une décennie. Si au niveau international, l'incursion colombienne du 1er mars a eu un impact médiatique important, cette incursion a des antécédents. Les incursions de l'armée colombienne ont débuté en 2005. L'Equateur avait déjà dénoncé ces incursions sans pour autant défendre la souveraineté nationale comme l'a fait Rafael Correa. En Avril 2007, Correa avait déjà déclaré qu'il ne permettrait plus que des forces régulières et rebelles violent le territoire équatorien suite à la capture de huit guérilleros des Farc dans le Sucumbios (voir article conjoncture Une incursion de trop du 5 mai 2008).

 

En 1999, le Plan Colombie a provoqué une concentration des Forces armées révolutionnaires colombiennes au sud du pays dans les provinces du Nariño et Putumayo, frontalières à l'Equateur. La dollarisation de l'économie équatorienne en 2000 sous le régime de Mahuad a pour sa part facilité le blanchiment d'argent issu du trafic de drogue, activité à laquelle participe les Farc. Dans un contexte de crise politique et financière, la frontière nord est devenue un territoire dominé par l'économie informelle et illicite. La frontière nord s'est donc convertie en un espace d'instabilité pour l'Equateur mais également pour la région.

Le seul emblème de contrôle était marqué jusqu'à maintenant par la base militaire de Manta accordée en concession aux Etats-Unis depuis 1999. Face à cette conjoncture, Rafael Correa est le premier homme politique équatorien à avoir inscrit sur l'agenda le problème de la frontière nord avec la publication d'un plan national nommé « Plan Ecuador » (http://www.mmrree.gov.ec/mre/documentos/pol_internacional/plan_ecuador/indice.htm). Le renforcement de la sécurité de la frontière nord et le développement des trois provinces frontalières (Esmeraldas, Carchi, Sucumbios) font partie du plan d'action prioritaire. Suite aux derniers évènements, le plan devrait d'ailleurs être sujet à des modifications dans les prochaines semaines. Le plan a pour objectif de « compromettre l'Equateur à renforcer la coordination interinstitutionnelle pour accroître le capital des ressources publiques investies pour le développement des provinces du nord, [...], et encourager la coopération technique et financière internationale à participer à l'élaboration d'une politique de sécurité sur la base du développement et d'une culture de paix ». Le Plan Ecuador s'inscrit en opposition à la politique menée par les Etats-Unis dans le pays. Il défend également la position nationaliste du gouvernement qui appuie son discours politique sur le retour à la patrie depuis la campagne électorale de 2006 (ajouter le PDF Photo). La défense de la souveraineté nationale est l'axe privilégié de la politique gouvernementale.

 

Au regard de ce contexte, on comprendra mieux pourquoi le chef d'Etat tient une posture radicale, soutenue par une majorité de pays de la région, face à la politique colombienne jusque là fébrilement dénoncée par les gouvernements équatoriens antérieurs, par manque de volonté mais aussi d'appui régional. Les accusations aujourd'hui portées par la Colombie à l'encontre des liens entretenus par le gouvernement de Correa avec les Farc, en particulier le ministre de la sécurité, Gustavo Larrea, doivent de même être mises en perspective. Ce n'est pas le gouvernement de Correa spécifiquement qui ne reconnaît pas les Farc comme organisation terroriste, mais les gouvernements antérieurs également. L'Equateur privilégie depuis toujours une position neutre afin de ne pas subir l'internationalisation du conflit sur son territoire. Uribe n'en est pas à sa première accusation à l'encontre de la politique équatorienne, cependant son discours fustigateur s'est renforcé sous le gouvernement de Correa, pour cause d'opposition idéologique entre les deux chefs d'Etat. Les confrontations se multiplient sur la question du contrôle de la frontière nord depuis l'investiture de Correa. C'est la deuxième fois que l'Equateur rappelle son ambassadeur de Bogotá. Alors qu'Uribe est à la recherche de coupables externes pour justifier son action, Correa rebondit sur le conflit pour provoquer des changements internes des plus sensibles. En effet, l'un des cinq premiers articles approuvés par la Constituante le 2 avril est « L'Equateur est un territoire de paix, où il n'est pas permis d'établir de bases militaires étrangères avec des objectifs militaires ». C'est la base de Manta, concession accordée aux Etats-Unis pour la lutte contre le trafic de drogue, qui est directement remise en cause. Les deux protagonistes sont cependant favorables à la mise en place d'une coopération régionale voir internationale pour résoudre le problème de la frontière nord.

 

Rafael Correa, soutenu par le mouvement politique indépendant Alianza Pais (renommé Acuerdo Pais), a remporté les élections de 2006 sur la base d'un discours réformiste et antisystème. En effet, afin de marquer son opposition aux dysfonctionnements du système législatif en Equateur, le mouvement n'avait pas inscrit de liste aux législatives. Preuve du soutien à ce nouveau mouvement politique, le vote nul avait atteint un score historique de 21,67%. Professeur d'économie, R.Correa n'est entré en politique qu'en 2005, suite renversement du président de la république Lucio Gutiérrez, auquel il a vivement participé. Après un court passage au poste de ministre de l'économie, il a décidé de fonder son propre mouvement politique face à l'inertie des politiques traditionnels à mettre en place une assemblée constituante. Après dix ans d'instabilité politique, le président élu, Rafael Correa, a fait de la mise en place de l'Assemblée Constituante le mot d'ordre de la campagne présidentielle pour rétablir les équilibres politiques, juridiques, économiques et territoriaux dans le pays. Le projet est en cours, la nouvelle constitution devrait être approuvée par referendum à l'automne. En termes de réforme sectorielle, le gouvernement reste dans une logique de conservation des appuis avant l'approbation de la nouvelle constitution. En ce qui concerne l'intégration régionale de l'Equateur, R.Correa a su rattraper le temps perdu. Le pays est désormais membre associé du Mercosur. Les relations bilatérales avec l'Argentine, le Brésil, et le Chile ont été renforcées. Cet appui régional gagné par Correa doit également être considéré comme un facteur décisif de la levée de son discours et de son action contre la Colombie.

 

 

Retrouver les articles du blog électoral 2006 pour plus d'informations sur le contexte politico-institutionnel en Equateur et le dessin de la victoire de Correa : http://www.opalc.org/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=28&Itemid=67

Lire également :

ECHEVERRIA, Julio. El desafio constitucional. ed Abya Yala et Ildis, Quito, 2005.

FREIDENBERG, Flavio, « Populisme religieux et ingouvernabilité en Equateur » dans Dabène Olivier (Coord), Des élections contre la démocratie ?, Presse de Sciences Po, Paris, 2008.

LACUISSE, Marie-Esther, Les organisations alternatives aux partis politiques : les mouvements politiques indépendants en Equateur, mémoire de master, IEP Paris, 2006.

 

 

 

 

 
Bolivie: Evo Morales à la croisée des chemins
Partis et elites politiques
Écrit par Pierre-Louis Mayaux   
Mardi, 22 Avril 2008 01:00

L'élection d'Evo Morales à la présidence de la République de Bolivie, le 18 décembre 2005, a pu être interprétée comme l'opportunité d'une refondation de l'Etat bolivien sur des bases plus concertées, et la clôture possible du cycle de haute conflictualité sociale initié en 2000. Elu avec 53,7% des suffrages (avec un taux de participation supérieur à 80%), le nouveau chef de l'Etat pouvait se prévaloir d'une légitimité inédite au cours de la période démocratique bolivienne contemporaine.

Lire la suite...
 
«DébutPréc1112131415161718SuivantFin»

Page 14 de 18