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Actualité


Venezuela - L'appauvrissement des secteurs populaires dans les années 80-90.
Economie
Écrit par Thomas Posado   
Jeudi, 23 Octobre 2008 01:00

Un processus politique aussi atypique que celui du Venezuela ne surgit pas d’une situation d’abondance et de prospérité généralisée. L’origine de la dite « révolution bolivarienne » réside essentiellement dans la crise d’abord économique puis sociale et enfin politique que connaît le Venezuela. Pour comprendre pourquoi le peuple vénézuélien a élu et réélu un homme original à la rhétorique socialiste comme Hugo Chávez, il faut d’abord comprendre l’appauvrissement des secteurs populaires dans les décennies précédant son arrivée au pouvoir.

Le Venezuela connaît à l’aube des années 80, une remise en cause de son mode de production basé sur la rente pétrolière due aux bouleversements économiques mondiaux. La fin du système de Bretton-Woods qui stoppe la convertibilité or - dollar et l’ouverture accélérée des frontières commerciales change la donne économique de l’ensemble des pays. Comme dans la plupart des pays, cette remise en cause prend la forme de l’imposition de réformes par les agences financières internationales dont le coût est essentiellement supporté par les classes populaires. La dégradation des conditions de vie des couches les plus précarisées, conséquence directe de ces réformes, précipite ainsi l’élection de Hugo Chávez.

Le 1er janvier 1976, lorsque le président vénézuélien du moment, Carlos Andrés Pérez, nationalise l’industrie pétrolière et fonde PDVSA, le pays connaît une période de prospérité nommée la « Venezuela Saoudite ». Cependant, les grandes multinationales des pays développés imposent une onéreuse indemnisation et des contrats de commercialisation externe et d’assistance technologique acheminant inexorablement le Venezuela à la dépendance (1).   Lorsque, en 1981, les cours du pétrole amorcent une décrue, le piège se referme sur le Venezuela. De 40 dollars en 1981, les cours du baril de brent diminuent jusqu’à 9,73 dollars en 1998, lorsque Chávez est élu (2).   De 1970 à 1994, l’endettement public passe de 9 à 53 % du PNB. Le 18 février 1983, la dévaluation du bolívar est officialisée. Cette date est connue sous le nom de Viernes Negro, premier signal d'une crise qui continuera jusqu'au début du siècle suivant. La période dite de la « Venezuela Saoudite » s’achève. Outre la dévaluation de la monnaie, ce plan de réforme suit quelques-unes des injonctions des injonctions du FMI : libéralisation des prix des biens et services, réduction du nombre de fonctionnaires… Cela n’empêche pas une nouvelle dévaluation en décembre 1986.

Carlos Andrés Pérez revient au pouvoir en 1989 et impose «un paquete económico» affectant durement les conditions de vie des classes populaires dont le contenu se résume essentiellement dans la Carte d’Intention signée avec le FMI à Washington le 28 février 1989. Ce plan peut être défini en trois axes : la libéralisation du marché (3) , la réduction de l’intervention de l’Etat (4) et une politique d’austérité envers les classes populaires (5).  Une semaine d’émeutes, le Caracazo, commence le jour de l’entrée en vigueur du « paquete », le 27 février 1989. Le gouvernement réprime ces événements dans le sang au prix de plusieurs milliers de morts.

Rafael Caldera revient au pouvoir, en 1994, avec une critique acerbe de la politique économique du gouvernement précédent et en promettant le maintien intact du rôle central et redistributif de l’Etat. Il cède néanmoins lui aussi aux pressions des agences financières internationales avec un nouveau programme d’ajustement, l’ « Agenda Venezuela » en avril 1996. Ce plan poursuit la voie des réformes de Carlos Andrés Pérez : augmentation du prix de l’essence et des autres dérivés d’hydrocarbures dans le marché interne, libération des tarifs des services publics, libération pleine du système de contrôle des changes avec une résultante dévaluation du bolívar, hausse des taux d’intérêt, augmentation du pourcentage de l’impôt sur les ventes, plan de privatisation des entreprises publiques, libération de tous les contrôles des prix (à 5 exceptions près)…En outre, ce plan mentionne le programme « Apertura Petrolera » donnant davantage d’autonomie à PDVSA où l’influence du gouvernement est réduite à la portion congrue.

 

Ces réformes ne permettent pas de résoudre les dysfonctionnements de la société vénézuélienne. Les principaux indicateurs sociaux du gouvernement continuent leur tendance à la détérioration. Du Viernes Negro à l’arrivée de Chávez au pouvoir, la stagnation de la production s’ajoute à l’inflation démesurée, un chômage croissant, une baisse des revenus relatifs, l’augmentation des inégalités, la dégradation des services publics basiques (éducation, santé) et comme corollaire de tout cela une augmentation de la pauvreté, en quantité et en gravité.

 

Une production en berne

 

La production est le premier indicateur de crise au Venezuela, dès le début des années 80. Une croissance en berne, un système de production incapable de produire des richesses en nombre suffisant, tout cela va déclancher de grands changements dans la société vénézuélienne. Les cycles successifs d’expansion et de concentration du niveau de l’activité économique, depuis l’instauration d’une démocratie formelle en 1958, sont passés par deux moments différenciés. De 1958 à 78, le PIB non pétrolier a été multiplié par quatre, avec une augmentation de la croissance à partir de 1974. Cependant, de 1978 à 1985, le niveau d’activité économique passe une phase prolongée de stagnation suivie de trois années de croissance 1986, 87 et 88. Le plan d’ajustement de Pérez fait ensuite chuter le volume de production de biens et services à un niveau proche de celui de 1978. Dans ces deux phases différenciées, on constate la perte progressive de dynamisme de la croissance et le raccourcissement de ses phases expansives. Les périodes d’expansion sont chaque fois plus courtes. En dollars, l’évolution du PIB non pétrolier est en récession. Le produit intérieur brut de 1993 représente moins de la moitié de ce qui est enregistré en 1960, et seulement 20 % du maximum atteint en 1974 passant de plus de 50 milliards de dollars en 1974 à moins de 10 milliards de dollars en 1993 (6).  L’économie vénézuélienne s’est appauvrie de manière accélérée depuis les années 80. Cette récession de la production non pétrolière vénézuélienne va emporter tous les indicateurs économiques et sociaux dans sa chute.

 

L’inflation  a été une des variables de dérégulation de la société avec une inflation accumulée de 800 % sur la période 1983-1998. De plus, jusqu’en 1990, cette inflation touche davantage la moitié des consommateurs aux revenus les plus bas. À partir de cette date, l’inflation est plus partagée (7).  Une partie importante des tensions sociales et politiques qui ont surgit proviennent de la persistance de ces hauts taux d’inflation dans les dernières années et de leur effet dans la vie quotidienne. L’inflation durant le dernier mandat de Caldera, de 1994 à 98, est de 59,6 % par an en moyenne contre 45,9 % durant le quinquennat précédent. De 1984 à 1999, le taux d’inflation annuel est toujours supérieur à 10 % atteignant 84,47 % lors de l’application du « Grand Virage » en 1989 et 99, 87 % lors de l’application de l’ « Agenda Venezuela » en 1996 (8).

 

Le marché de l’emploi dégradé

 

Le marché de l’emploi souffre également de cette dégradation de la situation économique. L’atout du Venezuela dans l’économie mondiale est davantage ses ressources naturelles que sa main d’œuvre. Conséquence de cet état de fait, les travailleurs du secteur formel ont toujours constitué une minorité de la population vénézuélienne. Le dérèglement économique a contribué à diminuer un peu plus la part du secteur formel dans la composition de la main d’œuvre vénézuélienne, dégradant de fait les conditions de travail des Vénézuéliens, puisque le secteur informel ne respecte pas, par définition, les normes du droit social. La réduction du travail formel public, conséquence de la réduction du nombre de fonctionnaires décidée dès 1983 par le gouvernement de Jaime Lusinchi, est la principale source de déséquilibres. De 1983 à 1998, il chute de 22,67 % des travailleurs à 16,33 %. Le secteur privé diminue également dans une moindre mesure (de 36,03 % à 35,47 %) et les travailleurs vénézuéliens se retrouvent surtout dans le précaire secteur informel sans législation, sans limitation de temps de travail, sans minimum de salaire garanti qui passe de 41,30 à 48,20 % durant cette période (9).   Le marché du travail ne diminue pas seulement en qualité pour les travailleurs vénézuéliens, il diminue également en quantité. Alors que près de la moitié de la population travaille dans le secteur informel, une fraction non négligeable de la population se retrouve sans aucun emploi. Le taux de chômage passe en dessous des 10 % à la fin du mandat de Lusinchi en 1987 et y reste jusqu’en 1994. Le taux de chômage moyen durant le mandat de Carlos Andrés Pérez est de 8,9 %. Le quinquennat suivant, ce dernier passe à 11% de moyenne (10).


Des inégalités croissantes

 

À cette dégradation du marché du travail, il faut ajouter une diminution des salaires. De la fin des années 70 à la fin des années 90, les rémunérations du travail et la distribution factorielle de la rente sont allés en se détériorant de 1970 à 1990, de façon prolongée et profonde. Avec elles, la qualité de vie et la capacité à satisfaire les nécessités de la demande de biens et de services publics se sont détériorées en proportion similaire. La détérioration des revenus salariaux réels est un phénomène qui a son origine à la fin des années 70 et se prolonge durant toutes les années 80 et au début des années 90. Après avoir atteint 2 991 bolívars en 1978, le salaire moyen réel selon les prix de 1984 chute de manière continue jusqu’à 1993. En 1993, le salaire moyen réel (toujours en fonction des prix de 1984) atteint 1686 bolívars mensuels (le niveau le plus bas depuis 1968) (11).  En l’espace de 15 ans, le pouvoir d’achat des Vénézuéliens a chuté d’autant.

 

Ce comportement, par sa durée et son intensité, signale que le phénomène de diminution du revenu réel obéit à des raisons plus profondes que les réformes mises en œuvre. Les politiques adoptées ont été dans l’incapacité totale d’arrêter la chute. Cette crise économique n’atteint pas, de manière indifférenciée, possédants et travailleurs. Elle aggrave les inégalités économiques de revenu. De 1979 à 1997, le rapport de revenu entre les 5 % les plus riches de la population et les 5 % les plus pauvres passe de 41,58 pour 1 à 53,11 pour 1 (12).  Cette croissance des inégalités frappe non seulement les catégories les plus pauvres des bidonvilles de Caracas mais aussi les travailleurs salariés du secteur formel qui connaissent une  certaine « prolétarisation » au cours des dix dernières années de la IVe République, la concentration de la richesse se poursuivant au profit d’une bourgeoisie nationale protégée par l’Etat (13).

 

Une pauvreté croissante

 

Ce n’est, cependant, pas seulement en terme de revenu que les conditions de vie des masses vénézuéliennes se sont détériorées. L’accès aux services publics basiques (éducation, santé) est devenu plus difficile. La grande majorité des indicateurs de santé, d’alimentation et d’éducation se détériore. Cela représente une aggravation de la situation par rapport aux années 70 mais aussi par rapport aux autres pays d’Amérique Latine avec un degré de développement économique et social similaire. Cette baisse des niveaux de vie illustre l’incapacité de l’Etat à remplir une de ses missions basiques. Les indicateurs de santé baissent. Des maladies depuis longtemps disparues comme le paludisme, la dengue, la tuberculose et le choléra réapparaissent (14).

 

Selon l’organisation non gouvernementale, Provea (PROgrama Venezolano de Educación-Acción en derechos humanos), la mortalité par malnutrition se développe pour atteindre en 1997, le taux de 993 pour 100 000 habitants (15) . Dans les zones les plus pauvres, le taux de mortalité infantile est 2,5 fois plus élevé que les taux nationaux et 30 % de la population n’a plus accès aux services de santé (16).  L’alimentation du Vénézuélien moyen, en terme d’apport protéinique est en 1989, 29 % plus basse qu’en 1978. Concernant l’éducation, dont le budget baisse de 70 %, un phénomène nouveau apparaît : la déscolarisation. Entre 1972 et 1989, le taux de désertion du système éducatif augmente de 150 %, dépassant ainsi la barre des 5% (17).  700 000 enfants de 6 à 15 ans ne sont pas scolarisés et 70 % de ceux âgés de 2 à 6 ans dans les foyers défavorisés. Les écoles publiques profitent du décalage entre l’offre et la demande scolaire pour exiger un paiement aux parents.

 

En 1992, la dépense sociale par habitant a diminué de 40 % par rapport à 1978, à prix constants. Si la dépense sociale par habitant se réduit en termes réels, elle représente une fraction toujours plus grande du revenu global de la population. Néanmoins, cela ne parvient pas à freiner la détérioration notée dans les indicateurs de développement humain. La réponse gouvernementale en matière de politique sociale se limite à des mesures de compensation par des subventions directes, administrés à travers des canaux non traditionnels (ONG, réseaux d’écoles, centres ambulants) dont l’inefficacité est avérée (18).

 

La conséquence de cette aggravation des conditions de vie est évidemment une avancée de la pauvreté. Celle-ci est difficilement quantifiable mais les indicateurs mis en place par les analystes nous permettent d’entrevoir une tendance. Tout organisme confondu, toute méthode confondue, l’orientation qui se dégage des analyses de quantification de la pauvreté dans les années 80 et 90 est unilatérale : celle d’une augmentation massive, d’une multiplication importante. En définissant, comme situation de pauvreté, lorsque le revenu du foyer par tête est inférieur au double du coût du panier classique d’aliments et comme situation de pauvreté extrême lorsque le revenu du foyer par tête est inférieur au coût du panier classique d’aliments, on arrive au résultat suivant. La pauvreté passe de 17,65 à 48,33 % de 1980 à 1997 et la pauvreté extrême passe de 9,06 à 27,66 % dans le même temps. Autrement dit, en 1997, 48,33 % des foyers vénézuéliens n’ont pas les revenus pour satisfaire leurs nécessités basiques et 27,66 % n’arrivent même pas à couvrir leurs nécessités alimentaires.

On voit une croissance nette et soutenue de la pauvreté et de la pauvreté extrême. La pauvreté triple en 17 ans. À l’arrivée de Chávez au pouvoir, près de la moitié des familles sont pauvres et plus du quart sont dans la « pauvreté extrême ». Les principaux coupables de cette croissance sont les « paquets d’ajustement ». À chaque plan de réformes, les indicateurs ont un décrochage rapide ( + 7 % de pauvreté en 1983, + 5 % en 1989, + 13 % en 1996) (19) . Autre comptabilité, selon l’Oficina Central de Estadística e Informática et la méthode « Líneas de Pobreza », la pauvreté croit de 30,7 % du premier semestre de 1995 à 68,7 au premier semestre 1997. Autre institution, l’Universidad Católica Andrés Bello, selon elle, la pauvreté augmente de 18 % en 1980 à plus de 65 % en 1996 (20).  Si tous les instituts ne sont pas d’accord sur le rythme ou sur le chiffre multiplicateur de la pauvreté, tous constatent son importante augmentation.

 

Ainsi, du début des années 80 à la fin des années 90, la production non pétrolière a subi une récession à prix constants. L’inflation a multiplié les prix par 9, le secteur informel a augmenté aux dépens du secteur public jusqu’à représenter près de la moitié de la population occupée. Dans les dernières années, le chômage augmente. À prix constants, les revenus ont baissé. Les inégalités ont fortement augmenté. L’alimentation du Vénézuélien moyen s’est dégradée. Des maladies disparues réapparaissent. La déscolarisation croit et toutes les études montrent une multiplication de la pauvreté. Voilà le triste paysage économique et social du Venezuela à la veille des élections de 1998. Si l’on ajoute à cela, l’émotion suscitée par la répression du Caracazo, les désillusions créées par l’élection de Caldera et le mépris pour une élite politique dont la corruption est notoire et dont le prestige a été mis à mal par les coups d’Etat de 1992, on comprend aisément pourquoi les Vénézuéliens vont voter pour un changement radical, une rupture avec le paradigme dominant.

 

Notes:

1- Vladimir Aguilar Castro, Las tendencias políticas en Venezuela después del 27 de febrero, Mérida, Tesis de grado, 1992, p. 69.
2- L’évolution des prix du pétrole est consultable sur le site d’information de l’énergie de l’administration du gouvernement des Etats-Unis : http://tonto.eia.doe.gov/dnav/pet/hist/rbrted.htm
3- Par libéralisation du marché, nous résumons les réformes suivantes : l’unification du régime des changes avec une parité unitaire et flottante, des taux d’intérêts flexibles, la réduction du contrôle des prix, l’établissement de taux d’intérêts pour le marché aussi vite que possible, la réforme du régime commercial incluant la libéralisation des importations, la levée des restrictions des transactions internationales, rapatriement des dividendes inclus 
4- Par réduction de l’intervention de l’Etat, nous résumons les mesures suivantes : la restriction de la dépense publique, la réduction des subventions, l’ajustement des tarifs des biens et services des entreprises d’Etat,produits pétroliers inclus, sur les prix du marché interne
5- Entre autres exemples : la restriction du niveau des salaires, l’introduction d’un impôt sur la vente ou l’augmentation du prix de l’essence
6- Banco Central de Venezuela
7- Boletin de indicadores semanales, BCV
8- IESA, Indicadores económicos y sociales, 2000, consultable sur : http://www.iesa.edu.ve/scripts/macroeconomia et http://www.iesa.edu.ve/macroeconomia/soc
9- IESA, idem.
10- Oficina Central de Estadística e Informática, Encuesta de Hogares por Muestro
11- Ministerio del Trabajo
12- Asdrúbal Bapista, Bases cuantitativas de la economía venezolana 1830-1995, Caracas, Fundación Polar, 1997
13- Frédérique Langue, Histoire du Venezuela, de la conquête à nos jours, Paris, Ed. L’Harmattan, Horizons Amériques Latines, 1999, p. 337.
14- Daniel Levine et Brian Crisp, « Venezuela : características, crisis y posible futuro democrático », América Latina, Hoy, n°21, avril, 1999, p. 5.
15- PROVEA
16- Ministerio de Sanidad y Asistencia Social
17- Francisco Vivancos, « Salarios, ingresos y estabilización en Venezuela », La economía contemporánea de Venezuela, Caracas, Banco Central de Venezuela, Colección Economico Financiera, 2001, pp. 78-79.
18- Ministerio de Hacienda
19- IESA, idem.
20- Université catholique Andrés Bello, Institut de recherches économiques et sociales, www.ucab.edu/investigacion/iies/pobreza.html

 
El Salvador - Le FMLN contre la violence
Sécurité intérieure
Écrit par Nordin Lazreg   
Mercredi, 15 Octobre 2008 01:00

Lire le mémoire de Master de Sciences Po Paris de Nordin Lazreg, intitulé "Les municipios efémélénistas comme espace d'émergence d'un nouveau référentiel sécuritaire au Salvador" (2008).


 
Hugo Chavez à Paris
Intégration et relations internationales
Écrit par Administrator   
Vendredi, 26 Septembre 2008 01:00
chavezSelon des sources diverses, le Président du Vénézuela rencontrerait aujourd'hui, vendredi 26 septembre 2008 après-midi, le Président Sarkozy à Paris. Le Président Chavez qui était en visite officielle en Russie pour signer des importants accords de coopération, se rendra en fin de journée au Portugal.
 
Groupe de Recherche Intedisciplinaire sur le Brésil
Société
Écrit par   
Lundi, 22 Septembre 2008 01:00

Logo_resizeL'OPALC s'associe aux activités d'un nouveau groupe de recherche: le Groupe de Recherche Intedisciplinaire sur le Brésil (GRIB). Le GRIB est un groupe universitaire visant à développer, valoriser et diffuser la recherche francophone en sciences humaines et sociales sur le Brésil. Il met en relation des doctorants, chercheurs et enseignants de plusieurs disciplines, afin de créer un échange entre universitaires de formations et d’horizons divers. Ce dialogue interdisciplinaire doit favoriser une approche plus complète des problématiques brésiliennes, et permettre de comprendre le Brésil dans sa pluralité et sa complexité.Le GRIB se veut un espace de débats, de critiques, de discussions, en vue de stimuler la recherche sur le Brésil.

Pour tout savoir sur cette nouvelle initiative, consultez le site web du GRIB (www.gribresil.org)

 
El impacto de la liberación de Ingrid Betancourt: un análisis
Sécurité intérieure
Écrit par Alvaro Sierra (Razón Pública)   
Mercredi, 23 Juillet 2008 01:00

asierraPor Alvaro Sierra (Razón Pública). La liberación de Ingrid Betancourt y sus 14 compañeros de cautiverio es un hecho que cambia la situación política colombiana, por los profundos efectos que tiene en tres frentes: el curso de la confrontación con las FARC y el conflicto armado; la crisis político-institucional entre el Presidente y la Corte Suprema de Justicia, y el mapa de la sucesión presidencial. Además, deja no pocos interrogantes sobre las perspectivas de un acuerdo humanitario para la liberación de quienes siguen en manos de esa guerrilla.

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Ingrid Betancourt enfin libérée
Sécurité intérieure
Écrit par Lucas Gomez   
Jeudi, 03 Juillet 2008 01:00

Bogotá - 2 juillet 2008. Après 6 ans et 4 mois de captivité Ingrid Betancourt a été libérée par l'armée colombienne. Suite à une opération militaire sans faille le gouvernement du président Uribe, vient de faire le plus grand coup médiatique international de sa politique de sécurité démocratique.

 

 
Dernière minute : libération d'otages en Colombie
Sécurité intérieure
Écrit par Patricio Scaff   
Mercredi, 02 Juillet 2008 01:00

2 juillet 2008. Selon l'AFP, la citoyenne franco-colombienne Ingrid Betancourt,  trois citoyens américains ainsi que 11 militaires colombiens ont été libérés par l'armée colombienne. L'annonce a été faite par le Ministre de la défense de la République colombienne alors que le gouvernement d'Alvaro Uribe doit affronter l'éventuelle décision de la Cour Suprême de Justice autour de la validité de la réforme constitutionnelle qui avait permis en 2006 sa réelection.  Bientôt plus d'informations.

 

  • Presse colombienne :

- www.elespectador.com.co

- www.semana.com.co

  • Agence France Presse :

- http://www.afp.com/francais/home/

 
Démission du président de l’assemblée constituante en Equateur.
Démocratie et représentation
Écrit par Marie-Esther Lacuisse   
Lundi, 23 Juin 2008 00:00
ACOSTA1

Le président de l'Assemblée Constituante en Equateur, Alberto Acosta, a remis hier soir sa démission. L'Assemblée Constituante a débuté en novembre dernier et, elle est désormais rentrée dans sa phase finale d'adoption  des articles.

A cinq semaines de la clôture de l'Assemblée Constituante, le 26 juillet, le président de l'assemblée a déclaré avoir renoncé car l'agenda prévu par le pouvoir exécutif n'offre pas assez de temps pour approuver dans un cadre démocratique les 400 articles restants. La nouvelle Constitution prévoît 500 articles dont 80% n'ont pas encore été approuvés. Alberto Acosta devrait dans l'après midi expliquer les raisons personnelles de sa démission lors de la session plénière. Il a cependant déjà annoncé qu'il continuerait à siéger en tant que représentant de Acuerdo Pais, mouvement politique du gouvernement majoritaire à l'assemblée (80% des sièges).

La démission de Alberto Acosta a surpris l'ensemble de la majorité siégeant à l'Assemblée. Cependant, depuis quelques mois, des tensions avaient surgi entre le président de l'Assemblée et le président de la République, Rafael Correa. Tout d'abord, il s'agit d'une question de temps. Rafael Correa presse l'adoption des articles afin que la nouvelle constitution soit mise en place dans un bref délai. En revanche, Alberto Acosta défend une prolongation de l'Assemblée Constituante afin que les articles soient approuvés dans le dialogue et dans le respect de la concertation défendue par les principes de démocratie participative du gouvernement et de la majorité des élus de la constituante.

Alberto Acosta s'oppose à toute pratique d'imposition. Et ce, de plus, au moment où la rédaction des articles sur la propriété privée et la décentralisation ont créé des conflits entre l'assemblée et la société civile. Alberto Acosta a d'ailleurs donné une conférence de presse samedi dernier pour clarifier la position de l'assemblée sur ces deux points notamment en spécifiant que la nouvelle constitution tentera d'éliminer la propriété privée.

Il faut tout de même souligner que le président de l'assemblée ne s'aligne pas exactement sur la politique du pouvoir exécutif sur certains points. Concernant la réforme du pouvoir exécutif et la politique de décentralisation, Alberto Acosta s'oppose à la réélection immédiate du président et il défend une politique de décentralisation tant administrative que fonctionnelle plus avancée que ne le souhaiterait Rafael Correa, à la présidence de la république.

 

Au sein du mouvement Acuerdo Pais, Alberto Acosta est le leader du courant environnementaliste. Il fut d'ailleurs ministre de l'énergie dans les premiers mois du gouvernement de Correa. Promoteur des biocarburants, ce sujet est  source de discorde avec le gouvernement.

 

 
La Colombie pourra-t-elle un jour en terminer avec les FARC?
Sécurité intérieure
Écrit par Olivier Dabène   
Lundi, 09 Juin 2008 01:00

Ecoutez le débat transmis sur RFI le 7 juin entre Daniel Pécaut (EHESS), Alain Joxe (EHESS) et Olivier Dabène (Sciences Po) en suivant ce lien.

 
Visite du président de la république d’Equateur à Paris
Société
Écrit par Marie-Esther Lacuisse   
Vendredi, 09 Mai 2008 00:00

Le président de la république d'Equateur, Rafael Correa, sera en France les 13 et 14 mai pour une visite officielle. La visite de Rafael Correa à Paris s'inscrit directement dans le contexte du conflit avec la Colombie, suite à l'incursion de l'armée colombienne sur le territoire équatorien le 1er mars dernier. L'attaque colombienne a entraîné la mort du second des Farc, Raul Reyes, et a mis un terme à la négociation pour la libération des otages, initiée plusieurs mois auparavant par le président vénézuélien Hugo Chavez avec l'appui de la France mais également de l'Equateur. Cette visite permettra également de resserrer les liens entre deux pays, dont les relations diplomatiques sont tenues. Depuis la visite officielle de François Mitterand en 1989 à Quito suivi de celle du président Borja en 1991 à Paris, les relations diplomatiques entre la France et l'Equateur s'étaient vus réduites pour des raisons politiques et économiques.

 

Pour Rafael Correa, cette visite aura pour objectif de relever l'image de l'Equateur. Le gouvernement colombien tente d'inculper le gouvernement équatorien pour ses liens avec les Farc afin de justifier son attaque du 1er mars dernier. Pour le président français, Nicolas Sarkozy, cette rencontre sera une énième alternative pour relancer la libération des otages, tout particulièrement celle d'Ingrid Bétancourt. En amont de cette visite, le ministère des Affaires étrangères, Bernard Kouchner s'était rendu en Equateur le 29 avril dernier. Bien que motivée principalement par le conflit entretenu avec la Colombie, dont la résonance du discours politique prévaut sur celui du gouvernement équatorien au niveau international, cette visite sera également pour Rafael Correa un moyen de resserrer des liens avec la France. En effet, l'Equateur a vécu plus de dix ans d'instabilité politique aggravée par une crise économique qui a conduit à la dollarisation du pays en 2000. Trois présidents ont été renversés (Bucaram, 1997 ; Jamil Mahuad, 2000, Lucio Gutiérrez, 2005) et plus de sept gouvernements se sont succédés entre 1996 et 2006. Les gouvernements de nature populiste et tournés vers la politique des Etats-Unis ont fait que l'Equateur s'est retrouvé isolé des processus d'intégration régionale en Amérique latine mais également des pays européens. Plus particulièrement de la France, pays avec lequel l'Equateur entretient un conflit économique depuis 1998 concernant l'importation de la banane sur le territoire de l'Union européenne, assujettie à des taxes douanières plus importantes que pour les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Costa Rica. Il faut noter que l'Equateur est le premier producteur de banane au monde, un des piliers de son économie commerciale avec le pétrole, la crevette et les fleurs.

 

L'instabilité politique en Equateur a affaibli l'ensemble des institutions nationales et renforcé la fragmentation politique. Avec un territoire d'une superficie des deux tiers de la France et une population de 13 millions d'habitants, l'Equateur a atteint un taux de fragmentation quasiment égal à celui du Brésil sur une partie du territoire (Fiche électorale 2006 : http://www.opalc.org/images/ELEC/Fiches2006/equateur.pdf ). Le clivage politique historique entre les partis politiques de la côte et de la sierra n'a pas facilité la gouvernabilité du pays durant ces années. Elu en novembre 2006 à la présidence de la République, Rafael Correa est le premier président équatorien qui atteint un niveau d'appréciation relativement stable entre Quito, capitale et cœur de la sierra, et Guayaquil, centre économique du pays et chef lieu de la côte. L'appui au gouvernement a été confirmé par le referendum d'avril 2007 pour la mise en place de l'Assemblée Constituante (82% d'approbation). Malgré la réticence d'une grande partie des médias à soutenir le projet du gouvernement, l'opinion publique a pris une décision qui va à l'encontre des pouvoirs traditionnels dans le pays.  Suite à la réponse du gouvernement équatorien à l'incursion colombienne du 1er mars dernier, l'approbation de la politique gouvernementale est passée de 54% de satisfaction le 29 février à 66% le 9 mars 2008 (Cedatus).

 

En quoi l'instabilité en Equateur a contribué à la perméabilité de la frontière nord et pourquoi la frontière nord est devenu un réel enjeu de stabilité et de souveraineté nationale pour l'Equateur ces dernières années. Le problème de la frontière nord en Equateur et l'absence d'une politique nationale depuis 1997 sont à mettre en parallèle. De même, la réaction de Rafael Correa face à l'incursion colombienne, doit être lue au regard de la politique conduite par son gouvernement depuis janvier 2007 afin de renverser les forces politiques traditionnelles et rétablir un agenda politique absent depuis plus d'une décennie. Si au niveau international, l'incursion colombienne du 1er mars a eu un impact médiatique important, cette incursion a des antécédents. Les incursions de l'armée colombienne ont débuté en 2005. L'Equateur avait déjà dénoncé ces incursions sans pour autant défendre la souveraineté nationale comme l'a fait Rafael Correa. En Avril 2007, Correa avait déjà déclaré qu'il ne permettrait plus que des forces régulières et rebelles violent le territoire équatorien suite à la capture de huit guérilleros des Farc dans le Sucumbios (voir article conjoncture Une incursion de trop du 5 mai 2008).

 

En 1999, le Plan Colombie a provoqué une concentration des Forces armées révolutionnaires colombiennes au sud du pays dans les provinces du Nariño et Putumayo, frontalières à l'Equateur. La dollarisation de l'économie équatorienne en 2000 sous le régime de Mahuad a pour sa part facilité le blanchiment d'argent issu du trafic de drogue, activité à laquelle participe les Farc. Dans un contexte de crise politique et financière, la frontière nord est devenue un territoire dominé par l'économie informelle et illicite. La frontière nord s'est donc convertie en un espace d'instabilité pour l'Equateur mais également pour la région.

Le seul emblème de contrôle était marqué jusqu'à maintenant par la base militaire de Manta accordée en concession aux Etats-Unis depuis 1999. Face à cette conjoncture, Rafael Correa est le premier homme politique équatorien à avoir inscrit sur l'agenda le problème de la frontière nord avec la publication d'un plan national nommé « Plan Ecuador » (http://www.mmrree.gov.ec/mre/documentos/pol_internacional/plan_ecuador/indice.htm). Le renforcement de la sécurité de la frontière nord et le développement des trois provinces frontalières (Esmeraldas, Carchi, Sucumbios) font partie du plan d'action prioritaire. Suite aux derniers évènements, le plan devrait d'ailleurs être sujet à des modifications dans les prochaines semaines. Le plan a pour objectif de « compromettre l'Equateur à renforcer la coordination interinstitutionnelle pour accroître le capital des ressources publiques investies pour le développement des provinces du nord, [...], et encourager la coopération technique et financière internationale à participer à l'élaboration d'une politique de sécurité sur la base du développement et d'une culture de paix ». Le Plan Ecuador s'inscrit en opposition à la politique menée par les Etats-Unis dans le pays. Il défend également la position nationaliste du gouvernement qui appuie son discours politique sur le retour à la patrie depuis la campagne électorale de 2006 (ajouter le PDF Photo). La défense de la souveraineté nationale est l'axe privilégié de la politique gouvernementale.

 

Au regard de ce contexte, on comprendra mieux pourquoi le chef d'Etat tient une posture radicale, soutenue par une majorité de pays de la région, face à la politique colombienne jusque là fébrilement dénoncée par les gouvernements équatoriens antérieurs, par manque de volonté mais aussi d'appui régional. Les accusations aujourd'hui portées par la Colombie à l'encontre des liens entretenus par le gouvernement de Correa avec les Farc, en particulier le ministre de la sécurité, Gustavo Larrea, doivent de même être mises en perspective. Ce n'est pas le gouvernement de Correa spécifiquement qui ne reconnaît pas les Farc comme organisation terroriste, mais les gouvernements antérieurs également. L'Equateur privilégie depuis toujours une position neutre afin de ne pas subir l'internationalisation du conflit sur son territoire. Uribe n'en est pas à sa première accusation à l'encontre de la politique équatorienne, cependant son discours fustigateur s'est renforcé sous le gouvernement de Correa, pour cause d'opposition idéologique entre les deux chefs d'Etat. Les confrontations se multiplient sur la question du contrôle de la frontière nord depuis l'investiture de Correa. C'est la deuxième fois que l'Equateur rappelle son ambassadeur de Bogotá. Alors qu'Uribe est à la recherche de coupables externes pour justifier son action, Correa rebondit sur le conflit pour provoquer des changements internes des plus sensibles. En effet, l'un des cinq premiers articles approuvés par la Constituante le 2 avril est « L'Equateur est un territoire de paix, où il n'est pas permis d'établir de bases militaires étrangères avec des objectifs militaires ». C'est la base de Manta, concession accordée aux Etats-Unis pour la lutte contre le trafic de drogue, qui est directement remise en cause. Les deux protagonistes sont cependant favorables à la mise en place d'une coopération régionale voir internationale pour résoudre le problème de la frontière nord.

 

Rafael Correa, soutenu par le mouvement politique indépendant Alianza Pais (renommé Acuerdo Pais), a remporté les élections de 2006 sur la base d'un discours réformiste et antisystème. En effet, afin de marquer son opposition aux dysfonctionnements du système législatif en Equateur, le mouvement n'avait pas inscrit de liste aux législatives. Preuve du soutien à ce nouveau mouvement politique, le vote nul avait atteint un score historique de 21,67%. Professeur d'économie, R.Correa n'est entré en politique qu'en 2005, suite renversement du président de la république Lucio Gutiérrez, auquel il a vivement participé. Après un court passage au poste de ministre de l'économie, il a décidé de fonder son propre mouvement politique face à l'inertie des politiques traditionnels à mettre en place une assemblée constituante. Après dix ans d'instabilité politique, le président élu, Rafael Correa, a fait de la mise en place de l'Assemblée Constituante le mot d'ordre de la campagne présidentielle pour rétablir les équilibres politiques, juridiques, économiques et territoriaux dans le pays. Le projet est en cours, la nouvelle constitution devrait être approuvée par referendum à l'automne. En termes de réforme sectorielle, le gouvernement reste dans une logique de conservation des appuis avant l'approbation de la nouvelle constitution. En ce qui concerne l'intégration régionale de l'Equateur, R.Correa a su rattraper le temps perdu. Le pays est désormais membre associé du Mercosur. Les relations bilatérales avec l'Argentine, le Brésil, et le Chile ont été renforcées. Cet appui régional gagné par Correa doit également être considéré comme un facteur décisif de la levée de son discours et de son action contre la Colombie.

 

 

Retrouver les articles du blog électoral 2006 pour plus d'informations sur le contexte politico-institutionnel en Equateur et le dessin de la victoire de Correa : http://www.opalc.org/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=28&Itemid=67

Lire également :

ECHEVERRIA, Julio. El desafio constitucional. ed Abya Yala et Ildis, Quito, 2005.

FREIDENBERG, Flavio, « Populisme religieux et ingouvernabilité en Equateur » dans Dabène Olivier (Coord), Des élections contre la démocratie ?, Presse de Sciences Po, Paris, 2008.

LACUISSE, Marie-Esther, Les organisations alternatives aux partis politiques : les mouvements politiques indépendants en Equateur, mémoire de master, IEP Paris, 2006.

 

 

 

 

 
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