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Jeudi 30 septembre, le président de la République d'Equateur, Rafael Correa, a été pris en otage par la police dans l'Hopital Metropolitano de Quito. Entré à l'Hopital central de la police, suite à une attaque d'un groupuscule de la police, place du Carondelet au coeur de de la ville, le président Correa s'est ensuite retrouvé séquestré par la police. A minuit hier soir, heure locale de Quito, le commandant général de l'Armée a organisé une contre attaque pour évacuer le président de l'Hopital.
Durant cette journée d'affrontements entre un groupuscule de la police, suivi par quelques militaires en début de matinée, et le Président Correa, le Chef de l'Etat major n'a jamais retiré son appui au chef de l'Etat. Le Président a cependant du attendre plus de dix heures pour une opération de secours. Devant l'Hopital central de la Police, le groupuscule de policier, qui avait pris R.Correa en otage, n'a pas hésité a tiré des gaz mais aussi des balles sur les nombreux citoyens venus défendre la président. L'opération de sauvetage aurait couté la vie à un militaire et il y aurait plus de 44 blessés (source: El Comercio). La nuit dernière, depuis radio Luna, les auditeurs pouvaient suivre la caos provoqué par les policiers dissidents qui ont mis à mal la ville de Quito et se sont attaqués à la population civile sans aucun scrupule. Il y a eu une insurection policière sans précédent. L'Etat d'exception a été déclaré. Les militaires ont été appelés à maintenir l'ordre intérieur dans le pays face à une police abusive dans le non droit.
Pourquoi un groupe de la police est venu attaquer le président? L'Equateur a expérimenté depuis dix ans plusieurs processus de coup d'Etat, mais les évènements d'hier sont sans précédents. Il s'agit bien d'une insurection policière et non du retrait de l'appui du Chef de l'Etat major au président. Inconstitutionnelle et d'une extrême violence, la conduite de ces policiers a bravé tous les droits. En avril 2005, lors de la destitution du Président Lucio Gutierrez, la population était venue appuyer le renversement du président face à une armée un peu réticente. Le chef d'Etat major avait fini par retiré son appui au Président au cours de la journée des émeutes du 20 avril 2005. Mais hier ,non, le président a même été sauvé par l'armée.
Rafael Correa s'est fait des ennemis au sein des forces militaires et policères depuis 2007. Plusieurs évènements sont à prendre en compte pour comprendre la relation complexe du chef d'Etat avec ces deux forces, les conflits ne se situant pas au même niveau. Une partie de l'armée appuit toujours l'ex président Gutierrez, ex général de l'armée, destitué par le parlement en 2005 suite à un mouvement citoyen mené par R.Correa. Lors de son premier gouvernement, Rafael Correa a nommé un civil, Javier Ponce, à la tête du ministère de la défense,ce qui ne fut pas sans déplaire à une partie de l'élite militaire. Ensuite, il faut prendre en compte que les relations sont tendues entre le président et les forces de police depuis l'attaque colombienne qui avait couté la vie à Raul Reyes (représentant des Farcs). Rafael Correa avait fortement critiqué la position de certaines élites des forces de police qui auraient omis la transmission d'informations. Enfin, la cause factuelle énoncée est la réforme fiscale du service public qui a conduit à une réforme des salaires de la police mais aussi des militaires ces derniers jours. Les policiers en rebellion barbare ont du agir sous couvert d'appui dans l'opposition selon les sources équatoriennes. A cette heure, le commandant de la police a démissioné.
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