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La violence des cartels mexicains et la politique Gouvernementale de Felipe Calderon.
Sécurité intérieure
Écrit par Antoine Maillet   
Lundi, 17 Mai 2010 16:00
MexicoLa guerre contre les cartels de drogue a débuté à la fin de l’année 2006, suite à l’arrivée au pouvoir du président Felipe Calderon. Cette lutte s’est concrétisée par le déploiement des forces militaires et de la police fédérale dans les états les plus touchés par le trafic de drogue dans le pays.

 

Néanmoins, cette guerre a eu pour conséquence une augmentation de la violence ainsi qu’une hausse du nombre de victimes du côté de la population civile ainsi que du côté des narcotrafiquants. Depuis 2006, on estime à 22.700 le nombre de morts. L’augmentation des niveaux de violence a provoqué au sein de la population une perception d’insécurité et a contribué à délégitimer le gouvernement mexicain. En effet, ce dernier est perçu comme ayant perdu le contrôle de la situation. Le Président Felipe Calderon en est conscient, mais il pense avoir progressé dans cette lutte. De plus, il se montre positif, en affirmant que le Mexique pourrait apprendre beaucoup de la Colombie et solutionner ce fléau en 5 ans comme il l’a affirmé dans une interview avec l’agence de presse Reuters.

 

Le gouvernement mexicain ne changera donc pas sa politique de lutte contre les cartels de drogue.

 

L’impact de la violence dans cette guerre ne possède pas seulement des effets négatifs sur la population mais aussi sur la liberté d’expression de la presse mexicaine. La profession de journaliste est devenue de plus en plus dangereuse à exercer due aux nombreuses persécutions et assassinats. Les journalistes qui couvrent la lutte contre les narcotrafiquants se trouvent dans une position vulnérable car ils sont sans défense. De plus, plusieurs crimes n’ont pas été résolus renforçant l’injustice de cette situation. L’OEA est préoccupée par cette situation d’impunité des crimes perpétrés à l’encontre des journalistes.

 

À ce problème, s’ajoute celui de l’intolérance dont sont victimes certaines radios communautaires.

 

En 2006, suite à la hausse des persécutions subies par les journalistes, fut créée la ‘Fiscalia Especial para la Atencion de Delitos Cometidos contra Periodistas’ ou FEADP dont le rôle était la protection des journalistes. Néanmoins, le peu de personnel et de financement fait que le succès de leur mission soit limité.

 

En 2010, la Commission de Droits de l’Homme du District Fédéral où (CDHDF) se mit en place un réseau de protection des journalistes ainsi que l’installation d’un refuge pour les journalistes victimes de persécutions où un personnel qualifié les aide à se réinsérer ailleurs en gardant toujours la même profession. Sur l’ensemble du pays, ce réseau essaie également d’améliorer les conditions de travail de ces journalistes qui risquent leur vie en couvrant la lutte contre les narcotrafiquants. Ce même organisme dénonce la politique anti-drogue du Président Felipe Calderon. En effet, pour ce dernier, la mort des journalistes constitue un dommage collatéral et inévitable dans cette guerre.

 

En février 2010, la chambre des députés a créé une Commission Spéciale dont le but est de traiter les cas d’agressions envers les journalistes. De plus, le CEPET ou Centro de Periodismo y Etica Publica a dénoncé les agressions de 183 journalistes dans le pays. Ce chiffre représente une hausse de 10.23% par rapport aux violences enregistrées en 2008.

 

De plus, beaucoup de cas n’ont toujours pas été résolus. Il existe une volonté de la part du gouvernement pour essayer de protéger les journalistes, mais en même temps les problèmes d’impunités sont toujours d’actualité et le Sénat n’a toujours pas ratifié la loi pour la fédéralisation des délits commis à l’encontre de la liberté d’expression.

 

Dès lors, nombreux sont les journalistes qui, dans l’exercice de leurs fonctions doivent porter un gilet pare-balles. Ils sont aussi plusieurs à avoir déjà reçu des menaces de mort. Le cas d’Armando Rodrigues Carreon est très représentatif. En 2008 dans une ville à la frontière du Texas, il reçut des menaces sur son téléphone. Il alla parler avec le procureur général de la justice de l’Etat de Chihuahua où ils lui recommandèrent de partir vivre dans une autre ville avec sa famille. Malheureusement, cette mesure ne fut pas suffisante car en novembre de la même année, il fut assassiné.

 

Cet exemple est emblématique car nombreux sont les journalistes qui ont peur et préfèrent s’autocensurer plutôt que d’aborder des thèmes concernant les narcotrafiquants. Dans les régions les plus touchées, ils écrivent souvent dans l’anonymat, et préfèrent divulguer le moins d’informations possibles concernant les événements qu’ils relatent. En effet, lorsque les délinquants se sentent menacés par ces articles, ils choisissent souvent d’y répondre par la violence en s’attaquant aux journalistes. Ces derniers préfèrent donc restreindre les informations qu’ils publient.

 

Ces mesures d’autocensures vont à l’encontre de leur liberté d’expression ainsi qu’au droit à l’information dont la population bénéfice.

 

Par conséquent, la communauté internationale condamne cette situation pour la multiplicité des portées engendrée par ce problème, c’est-à-dire l’impunité dont bénéficient les criminels contribuant à la sensation d’insécurité perçue par la population ainsi qu’aux dangers quotidiens encourus par les journalistes.

 

Néanmoins, la guerre contre les cartels de drogue constitue le seul moyen pour affaiblir ces réseaux et restaurer la sécurité au sein du pays.