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OPALC au Foro Eurolatinoamericano de Centros de Analisis
Intégration et relations internationales
Écrit par Olivier Dabène   
Mardi, 13 Avril 2010 12:15

 Dans le cadre de la préparation du Sommet Amérique latine - Caraïbes / Union européenne (ALC UE) de Madrid (18 mai 2010), la Fondation Carolina a organisé le 13 avril à Madrid un Forum qui a réuni une soixantaine de centres de recherche d'Europe et d'Amérique latine, afin de discuter la Communication de la Commission intitulée "L'Union européenne et Amérique latine: une association d'acteurs mondiaux".

 Le Foro a pris acte de la déception générée par les Sommets ALC UE depuis 1999. Il l'attribue à l'incapacité des deux régions à s'adapter aux changements intervenus dans les relations internationales ces dix dernières années.

L'insistance de l'Union européenne sur les thèmes de l'intégration régionale et de la cohésion sociale apparait notamment obsolète et improductive.

La paralysie des négociations multilatérales (Mercosur, CAN, SICA) a entraîné un développement des relations bilatérales, avec la signature de nombreux accords (Mexique, Chili, Brésil...).

Le Foro a estimé que l'heure était venue d'une réorientation, qui prenne en compte les asymétries d'intérêts (l'Europe s'intéresse moins à l'Amérique latine que l'inverse), l'affaiblissement de la communauté d'intérêts et de valeurs (avec la montée en Amérique latine d'une gauche radicale), et le développement du bilatéralisme.

Le Foro a appelé le sommet ALC UE de Madrid à innover, en se concentrant sur un petit nombre de thèmes pour lesquels un souci d'efficacité doit prévaloir. Parmi les sujets à placer en priorité sur l'agenda, figurent : les migrations, le trafic de drogue, la sécurité, les droits de l'homme ou la démocratie. Dans ces domaines, les dialogues spécialisés doivent être renforcés, et le bilatéralisme doit être encouragé chaque fois que l'approche multilatérale s'avère contreproductive.

Face aux défis internationaux (crise économique, changement climatique, interdépendances complexes...), les deux continents peuvent s'accorder sur des positions communes. Mais leurs relations doivent dépasser le niveau strictement intergouvernemental pour faire place aux sociétés civiles et aux gouvernements sous-nationaux. L'objectif doit être la production de biens publics globaux, tels que la paix, la défense de l'environnement, le contrôle des migrations ou la démocratie.

Le Foro a par ailleurs souligné l'importance d'un certain nombre de thèmes concrets, comme l'emploi décent, l'inter-connectivité, la démocratie, l'éducation ou la coopération sud/sud.

 

A l'issue des débats, le Secrétaire d'Etat espagnol pour le monde ibéro-américain s'est engagé à porter à l'attention des gouvernements les conclusions du dialogue académique. Les débats seront par ailleurs publiés par la Fondation Carolina.