Page d'accueil / Actualités / Démocratie et représentation / Démission du président de l’assemblée constituante en Equateur. Follow OpalcSciencesPo on Twitter
Démission du président de l’assemblée constituante en Equateur.
Démocratie et représentation
Écrit par Marie-Esther Lacuisse   
Lundi, 23 Juin 2008 00:00
ACOSTA1

Le président de l'Assemblée Constituante en Equateur, Alberto Acosta, a remis hier soir sa démission. L'Assemblée Constituante a débuté en novembre dernier et, elle est désormais rentrée dans sa phase finale d'adoption  des articles.

A cinq semaines de la clôture de l'Assemblée Constituante, le 26 juillet, le président de l'assemblée a déclaré avoir renoncé car l'agenda prévu par le pouvoir exécutif n'offre pas assez de temps pour approuver dans un cadre démocratique les 400 articles restants. La nouvelle Constitution prévoît 500 articles dont 80% n'ont pas encore été approuvés. Alberto Acosta devrait dans l'après midi expliquer les raisons personnelles de sa démission lors de la session plénière. Il a cependant déjà annoncé qu'il continuerait à siéger en tant que représentant de Acuerdo Pais, mouvement politique du gouvernement majoritaire à l'assemblée (80% des sièges).

La démission de Alberto Acosta a surpris l'ensemble de la majorité siégeant à l'Assemblée. Cependant, depuis quelques mois, des tensions avaient surgi entre le président de l'Assemblée et le président de la République, Rafael Correa. Tout d'abord, il s'agit d'une question de temps. Rafael Correa presse l'adoption des articles afin que la nouvelle constitution soit mise en place dans un bref délai. En revanche, Alberto Acosta défend une prolongation de l'Assemblée Constituante afin que les articles soient approuvés dans le dialogue et dans le respect de la concertation défendue par les principes de démocratie participative du gouvernement et de la majorité des élus de la constituante.

Alberto Acosta s'oppose à toute pratique d'imposition. Et ce, de plus, au moment où la rédaction des articles sur la propriété privée et la décentralisation ont créé des conflits entre l'assemblée et la société civile. Alberto Acosta a d'ailleurs donné une conférence de presse samedi dernier pour clarifier la position de l'assemblée sur ces deux points notamment en spécifiant que la nouvelle constitution tentera d'éliminer la propriété privée.

Il faut tout de même souligner que le président de l'assemblée ne s'aligne pas exactement sur la politique du pouvoir exécutif sur certains points. Concernant la réforme du pouvoir exécutif et la politique de décentralisation, Alberto Acosta s'oppose à la réélection immédiate du président et il défend une politique de décentralisation tant administrative que fonctionnelle plus avancée que ne le souhaiterait Rafael Correa, à la présidence de la république.

 

Au sein du mouvement Acuerdo Pais, Alberto Acosta est le leader du courant environnementaliste. Il fut d'ailleurs ministre de l'énergie dans les premiers mois du gouvernement de Correa. Promoteur des biocarburants, ce sujet est  source de discorde avec le gouvernement.