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Education : une année 2009 qui s'annonce difficile pour la République d'Haïti
Société

Dans un pays où plus de 40 % de la population est analphabète, l'école représente l'avenir ; elle est le seul moyen d'accès à la culture et symbolise le changement pour tout un peuple. Cependant, l'île d'Haïti étant secouée par des crises politiques et sociales à répétition, l'éducation nationale reste complexe, et les provinces sont oubliées : 2/3 des établissements secondaires et professionnels se concentrent en effet dans les grandes villes, dont une bonne partie dans la capitale.

 

DES CATASTROPHES NATURELLES AUX CONSÉQUENCES DÉSASTREUSES

 

En juin 2008, 47 personnes ont été tuées en Haïti par le passage de l'ouragan Ike dans un village proche de la capitale Port-au-Prince, tandis que des centaines de morts ont été enregistrés à travers le pays sévèrement touché par les cyclones Gustav, Hanna et Ike. S'ils causèrent moins de morts que Jeanne en 2004, les dégâts matériels sont quant à eux beaucoup plus importants. « Le matériel roulant et les infrastructures des Gonaïves, une ville de 300 000 habitants au Nord de Port-au-Prince, sont totalement détruites », confie le docteur Gabriel THIMOTHEE, directeur général de la santé publique d'Haïti. Le médecin ne peut se rendre sur place, la route des Gonaïves étant coupée : des pluies diluviennes se sont abattues sur la région et les ponts se sont effondrés. Dans la région des Gonaïves, plus de 250 000 personnes sont sinistrées, et la municipalité ne possède pas d'hôpital. Les rares ONG présentes sont dépassées, et l'aide internationale peine à parvenir sur place, tant Haïti est un pays dont les infrastructures sont en état de déliquescence. Plus de 70.000 personnes sont recueillies dans des écoles, des églises et parfois des hangars transformés en abris provisoires dans le pays où de nombreuses plantations agricoles ont été détruites, des routes coupées et des ponts détruits.

 

 

DU CÔTÉ DU GOUVERNEMENT ...

 

A la veille de la nouvelle année, les autorités gouvernementales ont décidé, sans concertation avec la communauté internationale, de fermer définitivement les abris provisoires situés au cœur de la ville et de pousser la population à réintégrer les quartiers sinistrés. Pourtant, aucune solution alternative réelle n'est proposée, faisant craindre une dégradation rapide de la situation humanitaire inquiétante en termes d'accès aux soins et de garantie des droits fondamentaux des individus. Travaillant depuis début septembre 2008 sur un programme de soins de santé primaire aux Gonaïves, Médecins du Monde est aujourd'hui extrêmement préoccupé par les conséquences de la réinstallation de plus de 10000 personnes dans leurs quartiers d'origine, dévastés par les différents cyclones et toujours insalubres.

 

 

ET L'ÉDUCATION, DANS TOUT ÇA ?

 

Face à la situation, le gouvernement avait décidé de reporter au 6 octobre la rentrée scolaire prévue le 8 septembre. "De nombreuses écoles sont détruites, d'autres sont endommagées et certaines servent d'abris provisoires", a indiqué le ministre de l'Education.

Le calendrier scolaire a connu de nouveaux changements en raison du retard enregistré dans la réouverture officielle des classes après les grandes vacances suite au passage de la saison cyclonique. Malgré un communiqué du ministère de l'Éducation nationale rappelant que la réouverture des classes s'effectuera le 5 janvier 2009, très peu d'élèves ont repris le chemin de l'école.

 

A ces désastres naturels, est venu s'ajouter l'effondrement d'une école privée, « La Promesse », située dans un quartier déshérité de Pétion-ville, dans la banlieue de Port-au-Prince. Elle accueillait des élèves âgés de 3 à 20 ans, et selon le ministre de la Jeunesse et des Sports, Evans LESCOUFLAIR, 350 écoliers se seraient trouvés à l'intérieur au moment de l'accident. Causant 93 morts et plus de 150 blessés, cet accident a été assimilé par le ministre de l'Education Joël DESROSIERS à «un problème d'urbanisme général ».

Le pasteur Augustin FORTAIN, propriétaire de l'école, fut interrogé dimanche par la police. Selon des témoignages d'habitants du quartier, il aurait lui-même construit l'école sans faire appel à des ingénieurs. Située entre les maisons du quartier, la construction en dur s'élevait sur deux étages, tandis qu'un troisième était en construction. Pour plus d'informations en images et commentées, cliquez sur ce lien.

 

 

PERSPECTIVES

 

•· Le président haïtien René Préval a indiqué le jeudi 1er janvier que la nouvelle année sera

difficile en Haïti en raison de la crise économique mondiale. En rappelant les faits qui avaient secoué le pays en 2008, le chef l'Etat a cité les ouragans qui ont ravagé la pays en août et en septembre, et les émeutes de la faim d'avril qui avaient précipité la chute du gouvernement de Jacques-Edouard Alexis.

Le chef de l'Etat a cependant proposé deux chantiers aux Haïtiens pour l'année 2009, et a également annoncé des travaux de construction d'infrastructures routières et un dialogue effectif entre les différents secteurs pour combattre la pauvreté et établir un climat de paix dans le pays.

•· L'association d'étudiants haïtiens dénommée « National Promotion Association » (NPA) a

organisé le 1e janvier dernier une journée d'assainissement du Champs-de-Mars, le plus grand espace public de Port-au-Prince, sous le thème « Bonjour Haïti 2009 ».

Composée d'étudiants haïtiens en République dominicaine, l'association a jugé "inconcevable" la situation environnementale du pays. Pour l'année 2009, ces étudiants souhaitent une nouvelle Haïti et ont décidé d'apporter leur soutien à la propreté de la capitale. « L'insalubrité n'attire pas les touristes », a déclaré Jacques DODY, étudiant finissant en administration touristique en République dominicaine. « Nous devons nous préparer à remettre notre tourisme sur pied, ceci pourra contribuer au développement », a-t-il soutenu. L'association a également mis sur pied une petite école en faveur d'une trentaine d'enfants haïtiens démunis vivant à Santiago en République Dominicaine.

•· L'épouse du président français, Carla BRUNI-SARKOZY, qui s'était engagée à verser à des

œuvres caritatives tous ses droits perçus pour son dernier opus « Comme si de rien n'était », a signé au siège de la Fondation de France trois chèques d'un total de 238.000 euros, pour trois associations d'aide à l'enfance et à Haïti.

La première dame a par ailleurs choisi deux associations d'aide à Haïti, donnant 82.000 euros à l'association des amis des Salésiennes, missionnaires installées à Latannerie, quartier le plus pauvre des Gonaïves (nord haïtien). Elles y gèrent une école qui accueillait 460 enfants et a été détruite par le passage de cyclones.

 

Si KANT déclarait que «c'est au fond de l'éducation que gît le grand secret de la perfection de la nature humaine », la situation - notamment en matière d'enseignement - reste aujourd'hui critique en Haïti. Ayant déclaré, le 7 septembre 2008, que « le gouvernement est mobilisé, un comité national incluant tous les ministères est constitué afin de faire face à cette situation extrêmement grave », la Première ministre d'Haïti Michèle PIERRE-LOUIS réitère cependant ses appels à l'aide internationale et à la solidarité nationale face à la catastrophe causée dans ce pays par les cyclones qui ont ravagé de nombreuses régions.

 

Le 16 janvier 2009